3.4 Promotion

N’attendez pas à la dernière minute pour prendre soin de la publicité et ne déléguez pas la tâche entière à l’attachée de presse. Une réflexion sur la présentation du travail partie d’une vision artistique. Les journalistes et amateurs de danse montréalais sont bombardés d’images chaque semaine. Distinguez-vous ; adoptez une approche simple et professionnelle.

Les matériaux de base
Le texte et les photos sont la base pour développer une mise en marché du travail. Un thème, une image ou un style récurrent représente votre démarche et doit inciter le public à découvrir davantage sur la pièce et le chorégraphe.

Rédigez un texte clair et enthousiaste. Préparez une version longue et une version courte. Une version anglaise est nécessaire pour présenter votre travail à l’extérieur du Québec. Le texte fait partie intégrante de votre dossier de présentation de projet, de votre dossier de presse, du communiqué et du programme de soirée. Il doit inclure les éléments suivants :
• une biographie du chorégraphe;
• une présentation de la compagnie (le cas échéant);
• une description de la pièce ou des pièces;
• une présentation des concepteurs et des interprètes.

Planifiez une séance de photo assez tôt pour respecter les échéances promotionnelles de production ; il faut aussi que le travail chorégraphique soit suffisamment avancé pour montrer les aspects essentiels de la création, comme les costumes, l’atmosphère ou la gestuelle. Les meilleures photos sont celles qui captent le mouvement, qui sont contrastées, qui racontent une histoire et qui révèlent les éléments du travail. Envoyez les photos aux journalistes afin qu’elles soient incluses avec des articles ou des annonces, au théâtre ou au diffuseur pour le programme de saison, et utilisez-les pour le matériel de promotion (affiche, affichette et programme).

Le site Web et les médias sociaux
Un site Web ou une page MySpace est potentiellement un outil de référence important pour le journaliste, pour qu’il voie des vidéos de votre travail et qu’il explore votre parcours et votre esthétique. Vous pouvez facilement créer un site Web avec WordPress, ou vous pouvez engager un professionnel pour la conception d’un site (prévoyez environ 500 $). Si vous n’avez pas de page Web, publiez des vidéos en ligne sur YouTube ou Vimeo. Il est plus avantageux de diffuser une bande-annonce qu’un extrait vidéo. Un extrait vidéo donne parfois l’impression d’avoir vu la pièce et peut jouer contre vous. Devenez membre de Facebook et créez un « événement » comme rappel pour vos amis et comme outil pour prévoir l’assistance. Notez votre site Web sur tous vos outils de communications (affichettes, affiches, communiqués, etc.), sur vos capsules vidéo et dans les médias sociaux. Si vous diffusez votre spectacle à Montréal, il peut être judicieux d’offrir des billets à prix réduit sur www.atuvu.ca et à la Vitrine culturelle. Ces sites offrent une bonne visibilité et vous permettent souvent d’atteindre un public élargi.

L’attachée de presse
Le rôle principal d’une attachée de presse ou responsable des communications est de contacter les journalistes et d’essayer d’organiser des entrevues pour le chorégraphe, afin d’assurer une couverture médiatique de l’événement. Suivant sa liste de contacts dans le médias, elle distribue le dossier et le communiqué de presse et fait un suivi au téléphone. Quand l’événement est terminé, elle vous remet une liste des articles et des entrevues radiophoniques ou télévisuelles diffusées pendant la durée de l’événement.

Une attachée de presse professionnelle coûte cher. Si vous travaillez avec un budget modeste, vous pouvez engager un ami pour un tarif moindre ou encore le faire vous-même. D’une façon ou d’une autre, assurez-vous d’avoir quelqu’un qui s’engage, au moins trois mois avant la date de présentation, à remplir la fonction. Le RQD publie une liste des médias spécialisés (les membres du RQD ont droit à une liste sommaire gratuite où ils peuvent payer 50 $ pour une liste plus complète, imprimée sur des étiquettes). Vous pouvez également vous adresser au Québec Drama Federation (gratuit pour les membres).

À partir de la liste des médias, envoyez un communiqué de presse avec tous les renseignements sur votre événement. Le communiqué doit inclure les éléments suivants : qui, où, quoi et quand. Il doit avoir la date, être rédigé à la troisième personne, au présent de l’indicatif et tenir sur une page 8 ½ x 11, avec une conception graphique dépouillée. Le -30- au bas de la page indique que toute information en dessous de ce signe demeure confidentielle. Écrivez « Pour diffusion immédiate » en haut de la page. Envoyez le communiqué trois à quatre semaines avant la première. Faites-le parvenir aux journalistes en danse, aux médias qui couvrent la culture en général ainsi qu’au calendrier culturel des journaux et sites Web (Voir, Hour, Ici, 24 heures, La Presse, Le Devoir, The Gazette, Dfdanse, RQD, Vitrine culturelle, destinationdancedanse, etc.).

Le dossier de presse contient plus de détails sur la production, y compris les biographies de la chorégraphe, des interprètes et des concepteurs, une description de la pièce, des photos, et des coupures de journaux de vos réalisations antérieures. Assurez-vous que les photos, numériques ou imprimées, soient clairement identifiées avec les noms du photographe, de la chorégraphe, de la pièce et de l’artiste qui figure sur l’image. Si un journaliste demande des photos numériques destinées à l’impression, elles doivent être de haute résolution (au moins 1 MB, soit l’équivalent de 1 000 KB) et peuvent être envoyées via des sites tels que www.yousendit.com ou www.sendspace.com. Ces sites donnent un lien à partir duquel le journaliste peut récupérer les photos.

Envoyez le dossier de presse au moins trois semaines avant la première afin de vous donner le temps de faire un suivi téléphonique. Le suivi est capital ; l’attaché de presse doit être persistant auprès du journaliste, tout en évitant de les harceler. Contactez le journaliste une première fois pour confirmer la réception du communiqué ou du dossier de presse, et une seconde fois plus tard pour organiser une entrevue ou toute autre forme de couverture médiatique. Imprimez quelques copies du dossier de presse pour la table de presse.

Vous pouvez aussi demander à l’attachée d’envoyer des invitations et de faire la distribution des billets de faveur. Il est coutumier d’offrir un ou deux billets à quelques journalistes, subventionneurs et diffuseurs. Par contre, la création du matériel de promotion et la distribution de la publicité ne font généralement pas partie de la description de tâche de l’attachée de presse.

Les médias
Il y a quatre types de médias : la radio, la télé, Internet et la presse. Chacun représente une cible possible pour une annonce dans un calendrier culturel, ou un pré-papier, une entrevue ou une critique. Les stations de radios susceptibles de vous concerner sont les radios étudiantes et communautaires ou la radio publique (Radio-Canada et CBC). Les stations commerciales ont peu d’intérêt pour l’art non commercial. Pour une couverture télévisuelle, adressez-vous aux stations de câble locales. Vos images vidéo doivent avoir une certaine qualité de diffusion (Betacam ou numérique) pour être utilisables à la télé. Si vous captez l’intérêt d’une station de télé, il est souvent plus simple de l’inviter à venir filmer une répétition. Certaines émissions de télé ne présentent pas l’art émergent à la télévision, mais maintiennent des sites Web destinés à cela. Faites vos recherches ; proposez des extraits vidéo aux émissions que vous jugez pertinentes.

Si vous décrochez une entrevue à la radio ou à la télévision, assurez-vous que la personne interviewée maîtrise bien la langue d’entrevue et qu’elle est à l’aise pour parler en public. Si le chorégraphe s’exprime plus ou moins aisément, il vaut mieux envoyer l’attachée de presse ou un interprète pour parler du spectacle.

Pour les médias imprimés, ciblez les journaux hebdomadaires et les quotidiens, les journaux étudiants et les journaux communautaires. Ils ont besoin d’un communiqué de presse au moins trois semaines avant la première. Il est plus difficile d’obtenir la collaboration des magazines, puisqu’ils ont besoin de l’information deux à cinq mois avant l’événement.

Les outils de promotion
Faites une liste d’envoi de tous les médias, diffuseurs, agences de subvention, organismes et personnes que vous voulez tenir au courant ou inviter au spectacle. Envoyez-leur le communiqué de presse et une ou deux affichettes. Ciblez aussi les studios, galeries ou écoles qui pourraient mettre votre affichette sur leur babillard.

L’affiche et l’affichette doivent comprendre toutes les données essentielles, de préférence dans l’ordre suivant :

La quantité d’information dépend de l’espace disponible et de vos négociations avec le graphiste, qui veut inévitablement une conception graphique dépouillée. Même si c’est beaucoup d’information, nommer les collaborateurs est une façon respectueuse de promouvoir leur contribution ; cela attire aussi des personnes intéressées par leur travail.

Ne faites pas de dépenses extravagantes pour imprimer de grandes quantités d’affiches et d’affichettes. Le plus important, c’est de les distribuer dans des endroits stratégiques. Habituellement, 500 affichettes et 50 affiches suffisent. Le papier de qualité supérieure et l’impression en couleur font grimper les coûts d’impression.

Distribuez vos affiches et affichettes pas plus de deux semaines avant le spectacle ; elles seront enlevées ou jetées si vous les laissez plus longtemps. Cernez les cafés, librairies et boutiques où vous pensez joindre votre public potentiel et demandez toujours la permission avant de poser une affiche.

Méfiez-vous des étalages d’affichettes de Zoom média ; ce sont leurs installations et ils n’hésiteront pas à mettre vos affichettes à la poubelle. Vous pouvez les payer pour distribuer vos affiches et affichettes mais c’est très dispendieux.

Les espaces publicitaires dans la presse sont rarement abordables pour les jeunes artistes, à moins qu’ils bénéficient d’une grosse commandite. Songez à placer une publicité dans un plus petit journal et dans les programmes d’autres événements communautaires ou artistiques. La radio communautaire offre souvent des blocs publicitaires de 30 secondes, diffusés régulièrement sur une période de deux semaines, en échange de visibilité. Elle demande un tarif fixe de 30 $ à 100 $ et il faut soumettre le texte et le concept de la pub. Ne sous-estimez pas le pouvoir du bouche-à-oreille. Promouvez-vous sans gêne auprès de vos amis et de vos pairs ; ils sont votre public le plus passionné et le plus fidèle. Gardez une liste des numéros de téléphone ou courriels des spectateurs qui désirent être informés de vos prochains spectacles. Cette touche personnelle est fort efficace et mérite bien l’effort.

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