3. Diffusion

3.1 Options
Une fois que vous décidez de créer une œuvre de danse pour présentation publique, il faut déterminer où et comment présenter votre travail. Il existe plusieurs options pour les artistes émergents à Montréal, qui se regroupent en trois catégories : la diffusion, la co-diffusion, et l’auto-diffusion.

Pour la diffusion, le diffuseur sélectionne l’artiste qu’il veut présenter et lui paie un tarif fixe. Il prend en charge tous les coûts liés à la présentation (promotion, location du lieu de diffusion, et soutien technique) et assume les risques financiers d’une faible assistance au spectacle. Il ne faut pas confondre diffuseur et producteur, lequel finance les coûts de création.

Pour une co-diffusion, l’artiste et le co-diffuseur partagent les coûts et risques de la présentation, ainsi que les revenus, selon les termes d’une entente écrite. Plusieurs théâtres à Montréal, dont le Théâtre La Chapelle, le MAI (Montréal, arts interculturels) et Infinitheatre, co-diffusent des spectacles. La plupart des co-diffusions sont soumises à un processus de sélection. Le Festival Fringe de Montréal et les Journées de la Culture peuvent aussi être perçus comme des co-diffuseurs, parce qu’ils offrent un cadre organisé pour présenter des œuvres avec un soutien minime, sans programmation.

À un moment donné dans leur carrière, de nombreux artistes choisissent l’auto-diffusion. En s’auto-diffusant (ou en s’auto-produisant), l’artiste assume la responsabilité financière pour la création et la présentation de son spectacle dans une infrastructure restreinte, sans sécurité financière. Il est possible de louer plusieurs théâtres à Montréal. Pour la présentation de premières œuvres à budget modeste, vous pouvez présenter votre travail de façon informelle dans un lieu alternatif. Les deux sections suivantes décrivent différentes approches pour la diffusion et l’auto-diffusion. La co-diffusion requiert un mélange des deux approches.

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3.2 Être diffusé
La façon la plus simple et la plus sûre de faire voir votre travail est de le présenter par l’entremise d’une institution reconnue, telle qu’un festival ou un diffuseur. Cependant, avant de vous adresser à des diffuseurs potentiels, il est essentiel de réfléchir à vos objectifs en tant que chorégraphe et de développer un chemin critique pour la planification conceptuelle de votre travail à long terme. Cela vous permet de cibler les diffuseurs en fonction du travail qui vous intéresse.

Les diffuseurs offrent différents niveaux de soutien. En général, le diffuseur prend en charge le lieu de diffusion, la direction technique et une partie de la promotion, vous laissant libre de vous consacrer à la création. En ayant un diffuseur, vous profitez aussi de la clientèle habituée du lieu pour remplir la salle de spectacle et augmenter les revenus de la billetterie. Selon le lieu de diffusion, vous recevez un cachet pour votre spectacle. Le cachet de diffusion ne couvre pas l’ensemble des coûts de production d’une œuvre. Le cachet est pour le produit fini et non pour le travail de création.

La présentation d’un dossier
L’obtention d’un contrat de diffusion nécessite de la recherche, du travail et de la planification. Certains festivals demandent de remplir un formulaire et de soumettre une vidéo ou de faire une audition, certains exigent aussi des frais d’inscription. Souvent, le diffuseur veut une proposition détaillée, soit une preuve de votre expérience chorégraphique et de la qualité de votre travail. Il a besoin de voir votre travail. Une vidéo peut piquer sa curiosité, mais généralement, il veut voir le travail en direct avant de le diffuser.

Conservez les coupures de journaux, affichettes, affiches et programmes de vos œuvres et gardez votre C.V. à jour. Assurez-vous que votre dossier soit clair et concis, et ne sous-estimez pas la valeur d’un bon document vidéo. Parfois, un artiste fait un montage vidéo avec trop de coupures et d’effets; la majorité des diffuseurs veulent un document qui représente fidèlement le travail.

Pour écrire une proposition convaincante, développez un vocabulaire pour parler de vous, de votre cheminement artistique, de votre esthétique chorégraphique, et des questions que vous abordez dans le travail. Quoique laborieuse au début, cette démarche devient plus facile avec le temps. Révisez attentivement vos documents avant de les envoyer. Rappelez-vous que les diffuseurs lisent des centaines de propositions : soyez concis et allez droit au but. Adaptez chaque nouvelle présentation au diffuseur en question.

Votre présentation devrait inclure :
• un mandat artistique ou un texte qui décrit votre parcours et expérience chorégraphique (1/2 page);
• une description de la pièce que vous proposez, y compris le nombre d’interprètes et la durée (1/2 page);
• une description claire des besoins techniques;
• du matériel de soutien, par exemple des photos de votre travail en chantier, des affichettes et coupures de journaux de vos pièces antérieures;
• une vidéo (DVD) ou un lien Internet clairement identifié de la pièce proposée ou de votre plus récent travail (si vous voulez récupérer le DVD, envoyez une enveloppe affranchie avec votre adresse);
• une lettre d’intention, incluant la date et vos coordonnées.

Bien que Tangente, le Studio 303 ainsi que les festivals annuels présentent un plus grand nombre d’artistes par année que les grandes salles, ils ne peuvent soutenir la demande sans cesse croissante de la relève en danse. Ne soyez pas trop découragé par une réponse négative ; il y a toujours d’autres occasions si vous persévérez.

La négociation d’une entente
Lorsque vous êtes invité à présenter votre travail, vous devriez signer un contrat qui stipule les responsabilités du diffuseur et de l’artiste (vous). Ce contrat devrait inclure, entre autres, le montant du cachet et la date de paiement, un horaire du temps en salle, ainsi que les besoins du diffuseur pour le matériel de promotion et l’information technique. Établissez un bon rapport avec le diffuseur; considérez ses représentants comme des collaborateurs et n’hésitez pas à leur poser des questions.

Consultez les outils de négociation pour artistes du réseau CanDanse pour plus d’information.

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3.3 S’auto-diffuser
Plusieurs chorégraphes se diffusent eux-mêmes. Bien qu’il s’agisse d’une grosse entreprise, les récompenses peuvent être grandes. L’auto-diffusion vous confère la liberté de présenter votre travail dans un lieu alternatif et d’avoir la mainmise sur tous les aspects de la diffusion, y compris la mise en marché.

Les théâtres
Pour l’auto-diffusion, il faut d’abord choisir le lieu de diffusion. Si vous voulez présenter votre travail dans un vrai théâtre, avec des équipements professionnels d’éclairage et de son, des fauteuils et une billetterie, soyez prêts à assumer un coût élevé. Si vous choisissez un lieu moins traditionnel, soyez prêts à assumer la charge de travail supplémentaire que cela représente.

Avant d’entamer vos recherches, faites un bilan de vos besoins. Peu de théâtres à Montréal sont conçus pour la danse et les planchers sont souvent en béton. Certains théâtres exigent que vous engagiez l’équipe technique et les préposés à la billetterie. Utilisez la fiche de travail à téléchargeable pour vous aider à formuler les bonnes questions pour les théâtres. Demandez aux administrateurs de vous envoyer une fiche technique. La fiche présente l’ensemble des équipements d’éclairage, de son et autres à votre disposition, la capacité de la salle, une description des loges et un plan de la scène. Consultez une liste des théâtres disponibles pour la production indépendante de danse.

Les lieux alternatifs
Quand vous songez au lieu alternatif, considérez comment l’environnement contextualise un événement. Par exemple, la lecture d’un travail est nettement différente s’il est présenté dans un bar, une galerie d’art, une église, ou la vitrine d’un magasin. Si vous voulez accéder à de nouveaux publics, exploitez le lieu alternatif comme outil de développement de public.

Les lieux ouverts comme les studios de répétition et les galeries peuvent être bons pour présenter un travail sans conception technique élaborée ou une création en processus afin de recevoir des commentaires. En général, une atmosphère informelle exige moins de préparation. Vous pouvez emprunter ou louer des chaises, des gradins et des équipements de son et d’éclairage afin d’augmenter la valeur de production de votre spectacle ; cela nécessite un peu plus d’ouvrage. Vous pouvez organiser une série de spectacles qui présente plusieurs pièces, pas seulement les vôtres. C’est de cette façon que Tangente a commencé, jadis, et plus récemment, il y a eu la série Pixel Project, lancée par Erin Flynn et ses pairs à la Sala Rossa. Cet événement éclectique est l’occasion pour plusieurs chorégraphes émergents de présenter leur travail.

D’autres disciplines utilisent couramment les bars comme lieux de diffusion, et certains artistes de danse s’y aventurent. La danse a été présentée à la Sala Rossa, au Lion d’Or et au Cabaret, parmi d’autres. Si vous présentez votre travail dans un bar, préparez-vous à un public plus ou moins attentif, un plancher rugueux, aucune conception d’éclairage ou au contraire, un éclairage disco. Soyez créatifs lorsque vous cherchez un lieu alternatif pour une production indépendante. Le RQD a déjà présenté un événement de danse dans un magasin de design de meubles pour la Journée internationale de la danse; c’était un immense succès. Pensez aux écoles, aux églises, aux centres communautaires, aux espaces extérieurs… les possibilités sont nombreuses.

Si vous vous intéressez à un lieu alternatif, vous pouvez planifiez votre spectacle dans le cadre d’événements comme les Journées de la culture (fin septembre) ou la Journée internationale de la danse (29 avril). Vous profiterez ainsi de leur promotion et publicité. Plusieurs chorégraphes présentent aussi leur travail dans le cadre d’événements « off », soit en marge d’un festival, dans des studios et des petits théâtres. Vous pouvez aussi présentez votre travail lors d’une période culturellement creuse, par exemple le milieu ou la fin de l’été, pour éviter la compétition.

Un « showcase » produit de façon indépendante, où plusieurs chorégraphes présentent leur travail sous une même bannière (partageant les frais de promotion et attirant plus de diffuseurs), est aussi efficace.

La confirmation du lieu de diffusion
Pour une auto-production, la première responsabilité du directeur de production est de confirmer le lieu de diffusion. Ainsi, elle doit :
• trouver le lieu;
• négocier les dates et les prix;
• lire et signer le contrat (en faisant attention aux clauses spéciales);
• obtenir le plan et la fiche technique du théâtre, et les transmettre au chorégraphe et aux concepteurs;
• établir et maintenir les rapports avec l’équipe du théâtre, en privilégiant une communication ouverte et amicale;
• organiser la transition du studio au théâtre (clés, etc.).

La direction de production est absolument essentielle pour l’auto-diffusion. Rendez-vous service en trouvant une personne fiable pour assumer cette lourde charge.

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3.4 Promotion
N’attendez pas à la dernière minute pour prendre soin de la publicité et ne déléguez pas la tâche entière à l’attachée de presse. Une réflexion sur la présentation du travail partie d’une vision artistique. Les journalistes et amateurs de danse montréalais sont bombardés d’images chaque semaine. Distinguez-vous; adoptez une approche simple et professionnelle.

Les matériaux de base
Le texte et les photos sont la base pour développer une mise en marché du travail. Un thème, une image ou un style récurrent représente votre démarche et doit inciter le public à découvrir davantage sur la pièce et le chorégraphe.

Rédigez un texte clair et enthousiaste. Préparez une version longue et une version courte. Une version anglaise est nécessaire pour présenter votre travail à l’extérieur du Québec. Le texte fait partie intégrante de votre dossier de présentation de projet, de votre dossier de presse, du communiqué et du programme de soirée. Il doit inclure les éléments suivants :
• une biographie du chorégraphe;
• une présentation de la compagnie (le cas échéant);
• une description de la pièce ou des pièces;
• une présentation des concepteurs et des interprètes.

Planifiez une séance de photo assez tôt pour respecter les échéances promotionnelles de production; il faut aussi que le travail chorégraphique soit suffisamment avancé pour montrer les aspects essentiels de la création, comme les costumes, l’atmosphère ou la gestuelle. Les meilleures photos sont celles qui captent le mouvement, qui sont contrastées, qui racontent une histoire et qui révèlent les éléments du travail. Envoyez les photos aux journalistes afin qu’elles soient incluses avec des articles ou des annonces, au théâtre ou au diffuseur pour le programme de saison, et utilisez-les pour le matériel de promotion (affiche, affichette et programme).

Le site Web et les médias sociaux
Un site Web ou une page MySpace est potentiellement un outil de référence important pour le journaliste, pour qu’il voie des vidéos de votre travail et qu’il explore votre parcours et votre esthétique. Vous pouvez facilement créer un site Web avec WordPress, ou vous pouvez engager un professionnel pour la conception d’un site (prévoyez environ 500 $). Si vous n’avez pas de page Web, publiez des vidéos en ligne sur YouTube ou Vimeo. Il est plus avantageux de diffuser une bande-annonce qu’un extrait vidéo. Un extrait vidéo donne parfois l’impression d’avoir vu la pièce et peut jouer contre vous. Devenez membre de Facebook et créez un « événement » comme rappel pour vos amis et comme outil pour prévoir l’assistance. Notez votre site Web sur tous vos outils de communications (affichettes, affiches, communiqués, etc.), sur vos capsules vidéo et dans les médias sociaux. Si vous diffusez votre spectacle à Montréal, il peut être judicieux d’offrir des billets à prix réduit sur www.atuvu.ca et à la Vitrine culturelle. Ces sites offrent une bonne visibilité et vous permettent souvent d’atteindre un public élargi.

L’attachée de presse
Le rôle principal d’une attachée de presse ou responsable des communications est de contacter les journalistes et d’essayer d’organiser des entrevues pour le chorégraphe, afin d’assurer une couverture médiatique de l’événement. Suivant sa liste de contacts dans le médias, elle distribue le dossier et le communiqué de presse et fait un suivi au téléphone. Quand l’événement est terminé, elle vous remet une liste des articles et des entrevues radiophoniques ou télévisuelles diffusées pendant la durée de l’événement.

Une attachée de presse professionnelle coûte cher. Si vous travaillez avec un budget modeste, vous pouvez engager un ami pour un tarif moindre ou encore le faire vous-même. D’une façon ou d’une autre, assurez-vous d’avoir quelqu’un qui s’engage, au moins trois mois avant la date de présentation, à remplir la fonction. Le RQD publie une liste des médias spécialisés (les membres du RQD ont droit à une liste sommaire gratuite où ils peuvent payer 50 $ pour une liste plus complète, imprimée sur des étiquettes). Vous pouvez également vous adresser au Québec Drama Federation (gratuit pour les membres).

À partir de la liste des médias, envoyez un communiqué de presse avec tous les renseignements sur votre événement. Le communiqué doit inclure les éléments suivants : qui, où, quoi et quand. Il doit avoir la date, être rédigé à la troisième personne, au présent de l’indicatif et tenir sur une page 8 ½ x 11, avec une conception graphique dépouillée. Le -30- au bas de la page indique que toute information en dessous de ce signe demeure confidentielle. Écrivez « Pour diffusion immédiate » en haut de la page. Envoyez le communiqué trois à quatre semaines avant la première. Faites-le parvenir aux journalistes en danse, aux médias qui couvrent la culture en général ainsi qu’au calendrier culturel des journaux et sites Web (Voir, Hour, Ici, 24 heures, La Presse, Le Devoir, The Gazette, Dfdanse, RQD, Vitrine culturelle, destinationdancedanse, etc.).

Le dossier de presse contient plus de détails sur la production, y compris les biographies de la chorégraphe, des interprètes et des concepteurs, une description de la pièce, des photos, et des coupures de journaux de vos réalisations antérieures. Assurez-vous que les photos, numériques ou imprimées, soient clairement identifiées avec les noms du photographe, de la chorégraphe, de la pièce et de l’artiste qui figure sur l’image. Si un journaliste demande des photos numériques destinées à l’impression, elles doivent être de haute résolution (au moins 1 MB, soit l’équivalent de 1 000 KB) et peuvent être envoyées via des sites tels que www.yousendit.com ou www.sendspace.com. Ces sites donnent un lien à partir duquel le journaliste peut récupérer les photos.

Envoyez le dossier de presse au moins trois semaines avant la première afin de vous donner le temps de faire un suivi téléphonique. Le suivi est capital; l’attaché de presse doit être persistant auprès du journaliste, tout en évitant de les harceler. Contactez le journaliste une première fois pour confirmer la réception du communiqué ou du dossier de presse, et une seconde fois plus tard pour organiser une entrevue ou toute autre forme de couverture médiatique. Imprimez quelques copies du dossier de presse pour la table de presse.

Vous pouvez aussi demander à l’attachée d’envoyer des invitations et de faire la distribution des billets de faveur. Il est coutumier d’offrir un ou deux billets à quelques journalistes, subventionneurs et diffuseurs. Par contre, la création du matériel de promotion et la distribution de la publicité ne font généralement pas partie de la description de tâche de l’attachée de presse.

Les médias
Il y a quatre types de médias : la radio, la télé, Internet et la presse. Chacun représente une cible possible pour une annonce dans un calendrier culturel, ou un pré-papier, une entrevue ou une critique. Les stations de radios susceptibles de vous concerner sont les radios étudiantes et communautaires ou la radio publique (Radio-Canada et CBC). Les stations commerciales ont peu d’intérêt pour l’art non commercial. Pour une couverture télévisuelle, adressez-vous aux stations de câble locales. Vos images vidéo doivent avoir une certaine qualité de diffusion (Betacam ou numérique) pour être utilisables à la télé. Si vous captez l’intérêt d’une station de télé, il est souvent plus simple de l’inviter à venir filmer une répétition. Certaines émissions de télé ne présentent pas l’art émergent à la télévision, mais maintiennent des sites Web destinés à cela. Faites vos recherches ; proposez des extraits vidéo aux émissions que vous jugez pertinentes.

Si vous décrochez une entrevue à la radio ou à la télévision, assurez-vous que la personne interviewée maîtrise bien la langue d’entrevue et qu’elle est à l’aise pour parler en public. Si le chorégraphe s’exprime plus ou moins aisément, il vaut mieux envoyer l’attachée de presse ou un interprète pour parler du spectacle.

Pour les médias imprimés, ciblez les journaux hebdomadaires et les quotidiens, les journaux étudiants et les journaux communautaires. Ils ont besoin d’un communiqué de presse au moins trois semaines avant la première. Il est plus difficile d’obtenir la collaboration des magazines, puisqu’ils ont besoin de l’information deux à cinq mois avant l’événement.

Les outils de promotion
Faites une liste d’envoi de tous les médias, diffuseurs, agences de subvention, organismes et personnes que vous voulez tenir au courant ou inviter au spectacle. Envoyez-leur le communiqué de presse et une ou deux affichettes. Ciblez aussi les studios, galeries ou écoles qui pourraient mettre votre affichette sur leur babillard.

L’affiche et l’affichette doivent comprendre toutes les données essentielles, de préférence dans l’ordre suivant :

La quantité d’information dépend de l’espace disponible et de vos négociations avec le graphiste, qui veut inévitablement une conception graphique dépouillée. Même si c’est beaucoup d’information, nommer les collaborateurs est une façon respectueuse de promouvoir leur contribution; cela attire aussi des personnes intéressées par leur travail.

Ne faites pas de dépenses extravagantes pour imprimer de grandes quantités d’affiches et d’affichettes. Le plus important, c’est de les distribuer dans des endroits stratégiques. Habituellement, 500 affichettes et 50 affiches suffisent. Le papier de qualité supérieure et l’impression en couleur font grimper les coûts d’impression.

Distribuez vos affiches et affichettes pas plus de deux semaines avant le spectacle; elles seront enlevées ou jetées si vous les laissez plus longtemps. Cernez les cafés, librairies et boutiques où vous pensez joindre votre public potentiel et demandez toujours la permission avant de poser une affiche.

Méfiez-vous des étalages d’affichettes de Zoom média; ce sont leurs installations et ils n’hésiteront pas à mettre vos affichettes à la poubelle. Vous pouvez les payer pour distribuer vos affiches et affichettes mais c’est très dispendieux.

Les espaces publicitaires dans la presse sont rarement abordables pour les jeunes artistes, à moins qu’ils bénéficient d’une grosse commandite. Songez à placer une publicité dans un plus petit journal et dans les programmes d’autres événements communautaires ou artistiques. La radio communautaire offre souvent des blocs publicitaires de 30 secondes, diffusés régulièrement sur une période de deux semaines, en échange de visibilité. Elle demande un tarif fixe de 30 $ à 100 $ et il faut soumettre le texte et le concept de la pub. Ne sous-estimez pas le pouvoir du bouche-à-oreille. Promouvez-vous sans gêne auprès de vos amis et de vos pairs; ils sont votre public le plus passionné et le plus fidèle. Gardez une liste des numéros de téléphone ou courriels des spectateurs qui désirent être informés de vos prochains spectacles. Cette touche personnelle est fort efficace et mérite bien l’effort.

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3.5 Première
Pour l’auto-diffusion, il y a des détails à régler avant la première. Déterminez un système pour la vente des billets et pour guider les spectateurs vers leurs sièges. Préparez un programme de soirée pour orienter le spectateur et reconnaître toutes les personnes engagées dans la production.

Le programme
Ne lésinez pas, faites un programme! C’est un souvenir et un outil éducatif et promotionnel que vous utiliserez comme matériel de soutien dans vos prochaines demandes de bourses.

Contenu obligatoire :
• titre, date, lieu;
• les noms des membres des équipes artistique, technique et administrative (musique, photos, collaborateurs, techniciens, etc.);
• logos des commanditaires et reconnaissance de toutes les sources de financement.

Contenu facultatif :
• remerciements;
• texte explicatif de l’intention artistique de la pièce;
• biographies (chorégraphe, interprètes, collaborateurs, etc.);
• un historique de la compagnie, photos.

L’accueil
L’accueil désigne essentiellement la vente des billets et l’accueil des spectateurs à l’entrée de la salle pour vérifier leurs billets et les guider vers les sièges. Plusieurs théâtres exigent que vous engagiez leur équipe pour ces fonctions, mais si c’est votre responsabilité, gardez les choses aussi simple que possible. Au minimum, vous avez besoin des éléments suivants :
• un préposé à la vente des billets; le billet peut être un « vrai » billet numéroté, un tampon à l’encre ou le programme de soirée;
• un placeur qui vérifie les billets ou tampons à l’entrée de la salle, et qui bloque les retardataires ou les accompagne dans la salle au moment convenu;
• une caisse adéquate;
• la liste des invitées, soit les VIP qui ont des billets de faveur;
• quelques dossiers de presse pour les médias.

Ne prenez pas les réservations à moins que vous croyiez faire salle comble rapidement. Les réservations nécessitent un numéro de téléphone (avec boîte vocale) ou un courriel, et une personne qui fait le suivi. Attention : certains lieux exigent un numéro de téléphone sur l’affichette pour qu’ils n’aient pas à répondre aux questions concernant votre spectacle. À l’inverse, d’autres lieux prennent les appels puisque c’est compris dans la location de salle.

La prévente de billets peut aider le budget, mais c’est une charge administrative. Si vous faites de la prévente, il faut imprimer des billets et faire le suivi des ventes. Distribuez-les aux membres de votre équipe afin qu’ils les vendent à leurs amis. L’événement doit être d’une certaine envergure pour justifier la mise en vente de billet dans un commerce local. Entendez-vous avec le commerce suffisamment d’avance ; cela comprend souvent une commission ou un pourcentage des ventes pour le commerçant (environ 1 $ pour chaque billet vendu).

Pour la billetterie, préparez un fonds de caisse avec de petites coupures et de la monnaie dans une boîte, ainsi qu’une feuille de caisse pour faire le calcul des revenus et compter le nombre de personnes dans l’assistance chaque soir. Allez à la banque ; c’est très désagréable de manquer de monnaie, et les commerces voisins ne peuvent pas toujours vous dépanner. La logique veut que 50 % à 80 % du public paie avec un billet de 20 $; planifiez votre fonds de caisse en conséquence.

Réservez toujours une place dans la dernière rangée au centre pour le vidéaste et quelques places près de l’entrée pour les retardataires. Si les sièges sont numérotés et assignés par billet, gardez quelques-unes des meilleures places au centre de la salle pour les réservations VIP de dernière minute (c’est-à-dire ne vendez pas les billets qui correspondent à ces places).

L’ouvreur doit connaître toutes les issues de secours. Il doit s’assurer que les spectateurs n’entrent pas avec de la nourriture ou des boissons, et devrait aider à nettoyer un peu la salle après la sortie du public, à la fin du spectacle. Il doit aussi appliquer le règlement établi pour les retardataires, soit les faire entrer en silence ou leur refuser l’accès au spectacle. De plus, une personne devrait rester en poste à l’extérieur de la salle durant toute la durée du spectacle, pour répondre aux retardataires.

Quand la salle est prête pour l’entrée du public, la directrice technique ou la régisseuse de plateau en avise le responsable de l’accueil afin qu’il fasse entrer les spectateurs. Idéalement, la salle ouvre une dizaine de minutes avant le début du spectacle. Le responsable de l’accueil décide quand fermer les portes du théâtre et s’il est nécessaire de refuser des gens à la porte. La régisseuse de plateau ou la directrice technique doit être avisée quand la salle est de nouveau entre ses mains. Ensuite, elle donne le signal pour éteindre les lumières dans la salle et commencer le spectacle.

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3.6 Dernière
Le travail est loin d’être terminé après la dernière représentation! L’équipe et vous méritez un party d’après spectacle, bien sûr, mais avant que la fête commence, démontez les équipements et nettoyez les lieux (salle, loges). Entreposez le matériel et les costumes en les identifiant pour faciliter un prochain usage. Payez tous les comptes et soyez en bonne entente avec la salle de spectacle et vos collaborateurs.

Avant que trop de temps ne soit écoulé, tenez une réunion de bilan avec l’équipe et les interprètes. Cela permet à chacun de raconter son expérience, de constater les bons coups et les choses à améliorer. Prenez des notes et appliquez vos apprentissages dans vos prochaines productions.

Il y a de fortes chances que vous ressentiez un grand vide une fois le spectacle terminé. Il y a tant de travail et d’énergie lors de spectacles; vous vous posez peut-être des questions sur la suite des choses. Souvenez-vous que votre travail acharné a permis la création d’une pièce chorégraphique unique et que grâce à vous, une production artistique peut maintenant vivre. Un diffuseur s’intéresse peut-être au travail ou vous pouvez le soumettre à des festivals. Vous pouvez créer une autre occasion de diffusion… ou même commencer votre prochaine création!

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3.7 Tournée
La tournée est potentiellement excitante et gratifiante. Présenter votre travail à de nouveaux publics bâtit votre réputation et améliore vos chances de trouver un financement. Il est toujours bien de découvrir de nouveaux endroits et de voir des œuvres qui ne sont pas présentées dans votre ville. Cela ne peut qu’enrichir vos futures créations. Néanmoins, la tournée est très dispendieuse; considérez méticuleusement les coûts par rapport aux avantages avant de passer à l’action.

Il existe deux principales façons d’organiser une tournée : entrer en contact direct avec un diffuseur qui voit votre pièce et veut la présenter dans son théâtre (par exemple, lors de foires telles que le off-CINARS ou si vous invitez des diffuseurs à votre spectacle), ou soumettre votre pièce à un festival ou à un événement et être invité à participer. Il est presque impossible de faire une tournée sans l’invitation d’un diffuseur ou d’un festival, à l’exception des circuits des festivals Fringe.

Pour qu’une tournée fonctionne bien, un diffuseur, avec un peu de chance, vous prend sous son aile, encourage d’autres diffuseurs à participer à une tournée et coordonne le calendrier de cette tournée. Bien sûr, il est moins dispendieux (et par conséquent plus intéressant pour le diffuseur) de proposer une œuvre solo ou un petit groupe avec une conception scénique minimale. Idéalement, voyagez d’un endroit à un autre de façon linéaire, sans temps mort entre les engagements. Malheureusement, cela est plutôt rare. Vous passez souvent beaucoup de temps à vous déplacer sans ordre particulier avec des pauses entre les villes. Si les pauses sont courtes, il faut indemniser les artistes. Si elles sont longues, vous devez parfois répéter à nouveau pour que la pièce soit fraîche dans les esprits et les corps des artistes. Dans le cas d’un artiste émergent, une tournée consiste habituellement en une invitation dans une seule ville.

La tournée au Québec peut être soutenue par La danse sur les routes du Québec et son réseau de diffuseurs. Ceci offre une bonne visibilité sans les coûts élevés de la tournée à l’étranger. Le réseau de diffuseurs CanDanse offre des programmes de tournées nationales et de commandes d’œuvres pour les artistes canadiens. Le marché européen est assurément un haut lieu de diffusion auquel les chorégraphes aspirent, mais il est plus complexe et plus coûteux d’y faire une tournée qu’au Québec ou au Canada.

Il y a de nombreuses subventions pour les projets de tournées. L’invitation d’un diffuseur, d’un théâtre ou d’un festival est souvent obligatoire pour accéder à ces fonds. Préparez un budget détaillé avec toutes les dépenses de tournée, y compris un fonds de prévoyance. Le budget comprend, en totalité ou en partie, les éléments suivants :
• per diem (argent de poche quotidien pour les repas et dépenses de chaque personne en tournée);
• hébergement;
• déplacements (vers la ville d’accueil : avion, train, autobus; et dans la ville : taxi, voiture, transport en commun);
• frais de transport ou frais de bagages excédentaires pour le transport de costumes et de décor;
• visas de travail;
• assurance voyage;
• petite caisse.
Indiquez clairement les dépenses qu’assument le diffuseur et celle que vous assumez. Certains diffuseurs, par exemple, couvrent les per diem et l’hébergement alors que d’autres ne le font pas.

C’est possible de partir en tournée sans subvention, mais l’argent doit alors sortir de votre poche. Les tournées d’artistes émergents sont souvent un effort collectif. Il y a plusieurs façons de réduire les coûts des déplacements. Parfois, les diffuseurs ou les festivals coordonnent de l’hébergement gratuit chez des artistes locaux. Négociez les salaires de vos collaborateurs et trouvez des alternatives de voyage, telles que la location de voiture plutôt que l’avion. Cherchez des solutions avec votre groupe afin de concrétiser le projet.

Une bonne organisation est indispensable pour la tournée. La coordination d’un groupe de personnes est intrinsèquement complexe, alors imaginez cette complexité en tournée, dans un lieu inconnu, dans une autre langue. Pour les petites productions sans directrice de tournée, la responsabilité est souvent prise en charge par la chorégraphe. Soyez alerte et responsable; communiquez bien avec chaque personne qui voyage. Ayez toujours une carte de la ville sous la main et soyez aptes à donner des indications claires à votre groupe pour les déplacements. En tout temps, ayez en main les numéros de téléphone de tous vos contacts (membres de la troupe, diffuseurs, théâtres, etc.). Assurez-vous que l’argent de la petite caisse pour les urgences soit dans la devise du pays visité.

Et finalement, peu importe le lieu, la tournée est souvent éprouvante physiquement. Soyez vigilant. Le décalage horaire, les longs déplacements, les courtes répétitions et les horaires serrés engendrent le stress, la fatigue et la tension; cela ne donne pas lieu à un bon spectacle! Si vous êtes responsable d’une tournée, donnez le ton : soyez à la fois enthousiaste et prudent, et rappelez à chacun d’en faire de même.

Et voilà! Les arts de la scène font appel à un langage et à des pratiques qui sont universels. Partout, la mise en scène de l’art vivant suit les mêmes grandes règles. Apprenez ces principes tôt dans votre parcours artistique tout en développant vos propres méthodes de travail pour vous assurer une carrière fructueuse. Merde!


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