2. La production

2.1 Équipe
Créer une pièce de danse et la produire sur scène compte une multitude de tâches. En tant que chorégraphe, il est probable que vous assumiez une grande partie de la charge de travail. N’essayez pas de tout faire seul ; soyez prêts à déléguer. Outre la création, le chorégraphe est le chef d’équipe de l’ensemble du processus.

Se définir
Pour l’artiste qui en est à ses premières productions, l’incorporation en tant que compagnie n’est pas recommandée. Cela représente trop de paperasse pour trop peu d’avantages. Il est important, cependant, de déterminer une structure d’opérations pour chaque production, et de la respecter. Traditionnellement, la chorégraphe est une personne inspirée, qui a une vision forte de plusieurs ou de tous les aspects de la création. Elle peut être très directive avec ses collaborateurs ou elle peut être ouverte à leurs contributions créatives.

Les collectifs ont différentes structures et raisons d’être. La plupart se forment parce que les artistes découvrent qu’ils partagent une vision artistique et qu’ils travaillent bien ensemble. Les chorégraphes peuvent partager équitablement la création et l’interprétation du mouvement à l’intérieur d’une même oeuvre, ou alterner entre les rôles de chorégraphe et d’interprète d’une création à l’autre. Mandala Sitù, un collectif formé d’anciennes étudiantes de LADMMI, commande des œuvres à des chorégraphes établis et se partage l’interprétation et l’administration. D’autres collectifs se forment pour partager des ressources et un espace de répétition et, à l’occasion, présenter leur travail ensemble.

Quelle que soit la structure que vous adoptez, comprenez-la bien et assumez-la pleinement. Définissez et respectez les droits et les responsabilités que confèrent les titres des différents postes à vous et à vos co-équipiers. Comprendre votre fonctionnement constitue la première étape vers une bonne organisation de travail.

Les rôles et Responsabilités
Il n’y a pas de recette pour les rôles et responsabilités compris dans la création et la présentation d’une pièce de danse. Ils peuvent varier d’une production à l’autre, mais doivent être clairement définis chaque fois. Pour une petite production, divers joueurs ont évidemment à porter plusieurs chapeaux. C’est à vous et à votre équipe de déterminer comment répartir les tâches. Faites attention à ne pas empiéter sur les rôles de chacun.

Il y a quatre aspects fondamentaux de la production en danse et chacun regroupe plusieurs rôles. Le directeur de production supervise et coordonne l’entière production ; c’est le rôle le plus important. Il travaille en étroite collaboration avec la chorégraphe et le directeur technique. Il organise les réunions, fixe le calendrier de production, négocie les contrats, prend en charge tout ce qui a trait au lieu de diffusion et gère le budget et possiblement la comptabilité.

i. L’aspect artistique
• Le chorégraphe est responsable de la direction artistique de la production, de la création et du choix des collaborateurs.
• Le danseur apprend, crée et interprète la chorégraphie.
• Les concepteurs sont responsables de la scénographie, des éclairages, des accessoires, des costumes, du son et de la vidéo. Ils conceptualisent, créent et communiquent l’univers de la pièce, et sont parfois responsables des assistants, comme des menuisiers, des couturiers ou des musiciens.
• La répétitrice assiste régulièrement aux répétitions et aide les interprètes à clarifier et à peaufiner leur travail ; l’œil extérieur donne du feedback sur l’ensemble de la pièce.
• Le dramaturge soutient le processus créatif en appuyant la recherche et le développement. Il fait parfois la médiation avec le public, et aide à la documentation et à l’archivage de l’œuvre.

ii. L’aspect technique
• Le directeur technique supervise tous les aspects techniques de la production. Généralement, chaque théâtre a son propre directeur technique, et vous n’avez pas forcément à en avoir un.
• L’équipe technique installe les lumières et les règles (« focus »), et installe aussi les haut-parleurs.
• À partir de leur console respective, les régisseurs d’éclairages et de son déclenchent les cues de lumière et de son pendant le spectacle.
• Le régisseur de plateau travaille en coulisse pendant le spectacle, appelle les cues, aide aux changements de costume et de décor et fournit une assistance technique générale.

iii. L’aspect promotionnel
• La photographe prend des photos.
• La responsable des communications fait les relations de presse : elle s’assure que le spectacle est médiatisé par des pré-papiers et des critiques.
• Le graphiste crée l’affiche, l’affichette et le programme, et parfois le dossier de presse.
• L’équipe de distribution coordonne la distribution d’affiches et d’affichettes.
• La vidéaste enregistre la pièce.

iv. L’aspect administratif
• Dans les compagnies établies, le directeur général ou directeur administratif supervise le fonctionnement, rédige les demandes de subventions, s’occupe de l’administration et planifie, de concert avec la direction artistique (généralement la chorégraphe), une stratégie pour les objectifs à long terme de la compagnie.
• L’assistant ou adjoint administratif assiste la direction générale.
• Le comptable ou commis comptable fait la tenue des comptes.
• L’agent de développement cherche des occasions de diffusion.

Les collaborateurs
Il est bon de commencer à créer un réseau de contacts déjà dans un contexte pré-professionnel, où de jeunes artistes enthousiastes sont avides d’expérience. Trouvez des danseurs en prenant des classes de danse ou en tenant une audition. Il est parfois difficile de trouver des concepteurs si vous n’avez pas de contacts personnels, mais vous prenez le pouls en allant à des spectacles de danse, de musique expérimentale ou à des performances et des vernissages dans des galeries alternatives. Cela peut aussi contribuer à vous donner une meilleure idée de votre esthétique et éventuellement, à développer un vocabulaire pour aborder des collaborateurs potentiels.

Affichez des avis de recherche sur les babillards d’écoles ou de départements de musique, de théâtre, de design, de cinéma ou photographie, ainsi que dans les studios de danse et les galeries d’art. Consultez la banque de ressources du Québec Drama Federation. Faites des auditions et des entrevues. Ne recrutez pas simplement toute personne qui démontre un intérêt – vous voulez des collaborateurs qui sont stimulés par vos idées et qui les donnent corps tout en respectant votre vision globale du projet.

Les contrats
Le directeur de production ou le chorégraphe devrait rédiger des contrats pour tous les collaborateurs de la production : interprètes, concepteurs, responsable des communications, techniciens, etc. Le contrat permet de clarifier les rôles et responsabilités de chacun, et le temps approximatif requis pour bien remplir chaque fonction. Surtout lorsqu’il est question d’argent, il est préférable de mettre cartes sur table afin d’éviter les mauvaises surprises et les mésententes en cours de route. Créer son propre contrat est une bonne expérience d’apprentissage.

Assurez-vous d’inclure les données suivantes :
• les noms et adresses des deux parties (l’une qui mandate un service, c’est-à-dire la chorégraphe, et l’autre qui fournit ce service, c’est-à-dire: danseur, concepteur, etc.);
• la nature du service;
• le nom de la production et toutes les dates pertinentes (répétitions, représentations, montage, etc.);
• >la transaction monétaire : combien, quand et comment;
• tout détail supplémentaire ou clause spéciale;
• les signatures des deux parties accompagnées de la date et du nom de la ville dans laquelle l’entente est signée.

Servez-vous d’un contrat type pour préparer vos premiers contrats. Plusieurs artistes de danse professionnels au Québec sont membres de l’Union des artistes, qui leur en fournit un. De plus, le Regroupement québécois de la danse offre régulièrement une formation sur les contrats en danse. Consultez les ressources suivantes pour plus d’information : les Professional Standards for Dance (en anglais) de CADA Ontario, le Basic Dance Agreement (en anglais) de CADA/BC et les Outils de négociation pour artistes du réseau CanDanse.

La gestion
Autant que possible, soyez systématique et organisé dans la gestion de votre production. Mener une équipe n’est pas simple ; c’est une question d’équilibre entre diriger et déléguer. Le respect est essentiel. Exprimez clairement vos attentes et les libertés artistiques de chacun. Planifiez des rencontres de suivi régulièrement dès les premières étapes du projet pour assurer un bon déroulement du processus. La communication et la planification sont essentielles et demandent beaucoup de temps. Ne sous-estimez pas l’ampleur de la tâche. La mauvaise planification appelle des crises et dépendre de collègues et d’amis pour vous sortir de situations embarrassantes ne fera pas long feu. Outre brûler les ponts et dépasser le budget, la plus grave conséquence de la mauvaise gestion est de produire un travail qui ne reflète pas votre talent artistique.

Conseils pratiques

  • Donnez-vous suffisamment de temps pour être bien organisé.
  • Déléguez, surtout dans de petites productions, où il est facile d’en prendre trop sur les épaules.
  • Donnez-vous suffisamment de temps pour être bien organisé.
  • Essayez d’anticiper les problèmes, préparez des plans de contingences et des stratégies de résolution de problèmes.
  • Soyez réaliste pour les questions de temps et d’argent, adaptez vos méthodes et vos matériaux à votre budget.
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    2.2 Échéancier
    Une fois que vous connaissez les dates de spectacle, sortez un calendrier et préparez votre échéancier immédiatement. Travaillez en compte à rebours à partir de la première représentation et allouez aussi un peu de temps pour la post-production. L’horaire subira plusieurs métamorphoses, et vous devrez éventuellement faire un horaire détaillé pour chaque journée en théâtre. Le calendrier de production sert à élaborer un budget. Divisez le temps de production en trois étapes : pré-production, production et post-production.

    i. La pré-production
    • La première étape : trouver un lieu de diffusion, choisir les dates de représentation, former une équipe de danseurs et de collaborateurs, et produire un horaire et un budget préliminaires.
    • En création et en répétition, vous créez et peaufinez la pièce en studio. Les éléments de la conception peuvent être confectionnés ailleurs pendant que vous travaillez avec des accessoires d’appoint. Songez à intégrer les éléments de production dès que possible puisqu’ils informent le travail.

    ii. La production
    • Avant le spectacle, apportez le décor et les costumes au théâtre. Les interprètes devraient passer du temps sur scène pour s’habituer au plancher et aux dimensions de l’espace.
    • Prévoyez un temps de montage pour permettre aux techniciens d’accrocher les lumières sur la grille d’éclairage, selon les spécifications du concepteur. Ils installent également les gélatines et ajustent l’angle des lumières et les mises au point ; en anglais, cela s’appelle le « hang and focus ». Installez l’équipement de son en même temps. En fonction des particularités techniques de l’espace et de la complexité de la conception, le montage peut prendre entre deux et douze heures, ou même plus.
    • On appelle « intensités d’éclairages »la période où le concepteur construit un à un les cues (qualité, contenu et durée) pour la pièce. Idéalement, il travaille avec un crabe (une personne qui se promène sur scène) afin qu’il puisse voir l’effet que donne la lumière sur un corps. Le « cue-to-cue » est une répétition des transitions de la pièce pour l’équipe technique (son et éclairages). C’est aussi l’occasion pour eux d’ajuster les intensités, au besoin. Selon la durée de la pièce et la préparation du concepteur d’éclairages, cela peut prendre entre une et quatre heures.
    • La générale est une représentation de la pièce dans son ensemble. Elle est faite en temps réel, avec les costumes et tous les éléments techniques, mais sans vrai public. Prévoyez du temps à la fin de la générale pour faire des ajustements. Vous pouvez inviter un public stratégique à cette répétition pour simuler une énergie de spectacle. Si le temps et votre budget le permettent, vous pouvez planifier une avant-première, qui agit comme une deuxième générale. Offrez un tarif réduit sur le prix des billets, et ciblez des groupes d’étudiants ou d’aînés.
    • Une série de spectacles commence avec la première et se termine par la dernière. La durée de la série dépend de votre budget et de la disponibilité du théâtre. Décidez si vous préférez faire salle comble pendant quelques soirs ou tenir l’affiche pendant plus longtemps, quitte à avoir des salles moins remplies.
    • Le démontage est la période durant laquelle les techniciens, le régisseur de scène, et toute autre personne disposée à vous aider démontent le décor et les lumières, et nettoient le théâtre. Assurez-vous de rendre tous les équipements empruntés ou loués dans le même état que vous les avez reçus.

    iii. La post-production
    • Faites des copies de la vidéo pour vos interprètes et concepteurs, et conservez l’original.
    • Réglez les détails qui restent en suspens. Faites un bilan avec votre équipe entière pour avoir du feedback sur tous les aspects de la production. Réglez tous les comptes. Les subventionneurs peuvent exiger des rapports de projet, et si vous souhaitez obtenir le soutien des mêmes personnes à l’avenir, des lettres de remerciement sont de mise.
    • Un party de post-production est essentiel et il faut que ça groove; assurez-vous qu’il y ait une piste de danse!
    • Pour vos archives, mettez de côté quelques affiches, affichettes et programmes du spectacle et conservez-les avec soin. Recueillez toutes les photos, coupures de journaux, extraits télévisuels et entrevues radiophoniques. Dance Collection Danse publie un petit guide pour l’archivage (en anglais) : Building Your Legacy:
An Archiving Handbook for Dance.

    Combien de temps ces étapes prennent-elles? Cela dépend de vous, du projet et du budget. Toutefois, en salle, les demandes techniques contraignent l’horaire.

    Conseils Pratiques

  • Les interprètes n’ont pas besoin d’être en salle avant le cue-to-cue (filage technique). Bien que ce soit parfois un long processus, le silence et le respect sont essentiels, surtout envers les techniciens et les concepteurs. Il y a un principe en théâtre : quand le show va bien, on ne remercie pas les techniciens, mais quand le show va mal, ils sont les premiers à écoper. Il est sage d’éviter ce faux pas.
  • Songez à profiter de votre temps en théâtre pour tourner une bonne vidéo de la pièce, pour vos besoins promotionnels futurs, tels que des documents d’appui pour des demandes de subvention et de résidence.
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    2.3 Budget
    Le budget d’un projet est l’ensemble des revenus et des dépenses, et les totaux de ceux-ci doivent s’équilibrer. Les coûts ont tendance à fluctuer selon votre capacité de prévoir les dépenses et l’exactitude de vos calculs. Les revenus varient selon le nombre de commerces ou d’organismes qui appuie votre projet, les subventions accordées et les ventes au guichet. Préparez deux budgets dès le départ : un budget idéal et un budget modéré. Prévoyez en fonction des deux.

    Vous pouvez télécharger un modèle avec des exemple d’items que vous voudrez probablement intégrer dans votre budget ici : modèle de budget

    Les coûts
    Produire un budget réaliste demande un peu de recherche. Il faut évaluer le coût de divers éléments requis pour mener à terme le projet et se faire une idée de la somme nécessaire pour éviter un déficit. Un budget réaliste est essentiel pour les demandes de subventions. N’hésitez pas à solliciter l’avis des subventionneurs et des professionnels du milieu quant aux tarifs en vigueur. Inscrivez les montants « en nature », c’est-à-dire le soutien sous une forme autre que l’argent (ex. temps en studio, un cachet de collaborateur réduit, etc.) auquel vous attribuez une valeur monétaire. Les dons en nature doivent figurer dans les dépenses et les revenus, même s’il n’y a pas de transaction comptable. La plupart des revenus et des dépenses suivants s’appliquent aux productions ; certains s’appliquent uniquement à l’auto-production.

    Le lieu
    Les studios de répétition coûtent généralement entre 10 $ et 20 $ l’heure. On peut toujours trouver des locaux moins chers, par exemple, en utilisant son statut d’ancien diplômé d’une école, par l’entremise d’un mentorat avec compagnie qui prête leurs locaux pendant leurs tournées, ou encore en échangeant ses services (ménage, administration) contre du temps en studio. De plus en plus, plusieurs studios, théâtres et compagnies offrent des résidences, soit des heures en studio sans frais pour une période de temps concentrée. Vous pouvez utiliser une résidence pour la création ou pour travailler la technique et les éclairages. Souvent, les lieux qui proposent des résidences font un appel de projet et font ensuite une sélection parmi les candidats.

    Le coût du lieu de diffusion pour une production indépendante varie, dans une certaine mesure, selon le nombre de représentations. Informez-vous sur les services compris dans le prix de location. Les recettes de la billetterie vous reviennent-elles, ou faut-il partager les ventes? Faut-il engager l’équipe technique du théâtre, les préposés à la billetterie et l’équipe d’accueil? Quel est le taux horaire pour les heures supplémentaires? Y a-t-il des frais afférents à la vente de billets? Si les cartes de crédit sont un mode de paiement accepté, y a-t-il des frais de gestion? Le théâtre vous offre-t-il de l’espace publicitaire dans son programme de saison?

    Les salaires
    Pour les premières œuvres avec de petits budgets, il est probable que les cachets soient symboliques. Cependant, vous avez quelque chose à offrir aux artistes émergents : la chance de développer leurs habiletés et d’étoffer leur expérience professionnelle. Décidez si vous allez payer les interprètes pour les répétitions, pour les représentations, ou pour les deux. Le tarif professionnel varie généralement entre 10 $ et 30 $ l’heure pour les répétitions, selon l’expérience de l’interprète, et entre 50 $ et 200 $ pour une représentation. Si vous ne pouvez payer des taux professionnels, il est possible de faire du troc.

    Pour les salaires de vos collaborateurs, il faut réfléchir aux questions suivantes : qui confectionne et qui met en œuvre les éléments de conception? Qui fournit les matériaux pour réalise les conceptions? Assurez-vous que ces détails soient clairement stipulés dans les contrats. Dans le théâtre professionnel, le cachet d’un concepteur varie entre 500 $ et 3000 $, selon la production.

    Généralement, un petit théâtre non syndiqué paie un technicien qualifié entre 12 $ et 15 $ l’heure. Un directeur technique reçoit une prime de 2 $ à 5 $ sur le taux horaire de base. Le quart de travail du technicien est d’un minimum de quatre heures, et il y a un taux horaire plus élevé pour les heures supplémentaires.

    Le directeur de production reçoit souvent un cachet variant entre 500 $ et 5 000 $ par production. Un attaché de presse professionnel peut demander entre 800 $ et 3 500 $. Pour un débutant, vous pourriez proposer un cachet symbolique de 200 $. Le vendeur, qui fait la levée de fonds ou la vente d’espaces publicitaires, travaille souvent pour une commission d’entre 10 % et 40 % de ses ventes. Assurez-vous d’avoir une entente claire s’il cumule des dons sous forme de services plutôt que d’argent comptant. Lorsque le lieux de diffusion ne prend pas en charge la billetterie et l’accueil, recrutez des bénévoles.

    Les coûts de promotion
    Les coûts pour la photographie sont le cachet pour le photographe, le prix de la pellicule (le cas échéant) et de l’impression et, dans certains cas, un montant supplémentaire pour les droits de reproduction. Pour économiser temps et argent, faites-le vous-même avec une caméra numérique.

    Fixez les coûts d’impression des affiches et des affichettes en fonction de vos besoins et de vos goûts. La couleur et la qualité du papier peuvent faire grimper les prix de façon exponentielle. Une bonne conception graphique vous permet de garder un budget modeste. Dans tous les cas, allez chez l’imprimeur, budget en main, et demandez-lui ce qu’il peut faire pour vous. Le coût de 500 à 2000 affichettes peut varier entre 5 $ et 800 $.

    Les coûts cachés
    Prévoyez une marge de manœuvre pour pallier les imprévus de production. Calculez le total des dépenses anticipées, multipliez-le par 0.15 et additionnez ce montant au budget initial ; c’est votre 15 % de contingence. Tenez compte des taxes de vente dans la préparation du budget, notamment pour la location de studios. Plusieurs lieux de diffusion exigent également que les ventes de billets soient assujetties aux taxes.

    Les revenus
    Il n’est pas facile de prédire les revenus d’une production. Ne comptez pas sur les bourses et les subventions avant qu’elles ne soient confirmées. Ayez un plan B et ne tenez pas pour acquis que les revenus de vente des billets soient élevés. C’est pratique courante d’estimer la vente des billets à 40 %. Faites le calcul suivant : (nombre de sièges) x (nombre de représentations) x (prix du billet) x (0.40). Faites un bilan de vos efforts de levée de fonds trois semaines avant la première. Il est peu probable que les résultats changent de façon probante d’ici le spectacle ; ajustez votre budget en conséquence.

    La comptabilité
    La tenue de livre est nécessaire pour comptabiliser vos dépenses. Créez un horaire de paiement. Évaluez qui doit être payé immédiatement et qui peut être payé à la fin de la production. Conservez tous reçus et factures de dépenses, et assurez-vous qu’ils soient clairement identifiés et datés. Il est plus facile de comptabiliser des transactions si elles sont effectuées par chèque, mais il peut être utile de retirer un peu d’argent comptant pour de petites dépenses (petite caisse). Transférez périodiquement cette information dans un chiffrier Excel pour bien identifier chaque catégorie de dépense et le somme partielle qui s’y rattache. Créez votre propre système en utilisant les modèles suivants : budgets de caisse

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    2.4 Financement
    À moins d’assumer personnellement l’ensemble des coûts de production, il est essentiel de faire une levée de fonds pour financer votre projet. Vous pouvez vous adresser au secteur public et au secteur privé.

    Le secteur public
    Le secteur public désigne l’ensemble des agences gouvernementales qui octroient des subventions auxquelles il faut soumettre une demande de bourse. La plupart des conseils des arts ne subventionnent pas la création de premières œuvres. Ainsi, le chorégraphe émergent a plus de chance d’être soutenu par des agences d’aide à l’emploi qui ciblent l’intégration des jeunes sur le marché du travail. Rédiger une demande de subvention est une excellente façon de vous organiser et d’articuler vos objectifs. C’est une démarche essentielle à la création d’un dossier convaincant pour vos levées de fonds, qui vous permettent ensuite d’approcher le secteur privé.

    Le financement au secteur public englobe les bourses des conseils des arts fédéral, provincial et municipal, les subventions d’aide à l’emploi, ainsi que les programmes qui ciblent l’intégration des jeunes sur le marché du travail. De plus, un député local du gouvernement fédéral ou provincial offre parfois un soutien ad hoc à un projet. Pour plus de détails concernant les subventions disponibles aux artistes, consultez la liste du RQD. Pour préparer la rédaction d’une demande de bourse, communiquez directement avec les organismes de subvention et téléchargez les formulaires et les guides pertinents sur leur site Web. Lisez-les attentivement et assurez-vous de recueillir tous les documents requis, tels que une lettre d’appui d’un artiste établi, d’un mentor ou d’un diffuseur. N’hésitez surtout pas à appeler et à poser des questions. C’est une bonne idée d’envoyer votre C.V. et une brève description de projet un mois avant la date limite pour avoir des commentaires et confirmer votre éligibilité au programme.

    Si vous répondez à leurs critères d’âge, commencez par faire des demandes auprès des agences d’aide à l’emploi. Ce sont des subventions généralement plus faciles à obtenir, et l’expérience vous donne ensuite de meilleures chances pour les subventions des conseils des arts. Il est néanmoins important d’envoyer des demandes aux conseils des arts, autant pour vous faire connaître auprès d’eux que pour faire une déclaration de besoin auprès du gouvernement.

    Donnez-vous suffisamment de temps pour préparer, planifier et rédiger votre demande de subvention. Il y a souvent plusieurs ébauches avant la version définitive. Si vous y avez accès, prenez le temps de lire une demande de subvention qui a été acceptée. Faites relire et corriger votre demande avant l’envoyée. Les demandes sont nombreuses et les fonds sont limités. Ne vous découragez pas outre mesure si vous n’obtenez pas une bourse à laquelle vous avez consacré beaucoup de temps et d’effort. Demandez des commentaires à l’agence de subvention et prenez-les au sérieux.

    Exploitez vos origines : si vous avez un héritage allemand, sollicitez le Goethe-Institut, qui a un mandat culturel. D’autres pays ont peut-être des institutions semblables ou des enveloppes culturelles à leur ambassade. Le Bureau de l’équité au Conseil des Arts du Canada appuie les pratiques artistiques et les artistes de descendance africaine, asiatique, du Moyen-Orient, de l’Amérique latine ou mixte. Les artistes autochtones ont aussi accès à une enveloppe particulière. Il y a des fonds par l’entremise du programme IPOLQ si vous êtes un anglophone vivant au Québec ou un francophone à l’extérieur du Québec. Assurez-vous de spécifier votre langue maternelle dans la demande de bourse.

    Le secteur privé
    Le financement au secteur privé inclut l’argent, les biens matériels et les services octroyés par des individus et des entreprises. Que ce soit pour des dons, des parrainages ou la vente d’espaces publicitaires dans votre programme, la levée de fonds est essentiellement un travail de vente, qui requiert motivation, détermination et persévérance. Ne ménagez pas vos égards pour la personne qui assume ce rôle pour vous, si vous avez la chance de la trouver.

    Les activités telles que les ventes de gâteaux, les loteries ou les concerts-bénéfices sont des façons communes d’amasser des fonds. Toutes peuvent réussir ou échouer, en fonction de leur gestion. Pour un concert-bénéfice, invitez des artistes qui attirent une foule. Ne planifiez pas la tenue d’une activité de financement trop proche de la date de votre spectacle, et profitez-en pour le promouvoir.

    Pour une commandite, adressez-vous aux entreprises liées à la communauté qui s’intéressent à la danse ou à vous personnellement. Établissez des liens concrets entre votre travail et le secteur privé. Un commanditaire offre de l’argent ou des services en échange de reconnaissance et de visibilité, par l’utilisation de leur logo dans votre matériel de promotion. Ainsi, le commanditaire veut connaître votre stratégie de mise en marché. Celle-ci devrait détailler le nombre d’affichettes imprimées, le plan de distribution des affichettes, la couverture médiatique prévue, etc. Un dossier de présentation à l’intention des commanditaires potentiels décrit l’événement, présente la chorégraphe et explique brièvement les bénéfices d’une commandite. Présentez une image soigneuse et organisée, et apportez vos budgets et propositions d’affaires lorsque vous rencontrez des commanditaires potentiels.

    Adaptez votre dossier de demande de commandite pour la vente d’espaces publicitaires dans le programme de soirée de votre spectacle. Ce dossier détaille les dimensions, formats et tarifs pour chaque espace publicitaire. Ciblez les entreprises qui offrent des services dont vous pourriez avoir besoin, et demandez des services (plutôt que de l’argent) en échange d’espace publicitaire. L’annonceur veut connaître l’ampleur et la nature du public et du programme de soirée.

    S’adresser au secteur privé exige une certaine audace. Restez positifs et confiants, même si vous ne réussissez pas immédiatement. Vous tissez des liens avec des entreprises et des individus qui vous offriront peut-être leur soutien à l’avenir. Prenez soin des commanditaires en les invitant à la première et en leur envoyant une lettre de remerciement avec le programme de soirée lorsque la série de spectacles est terminée.

    Il existe des bourses dans le secteur privé, mais celles-ci sont plutôt difficiles à obtenir, puisque les fondations reconnues sont généralement inondées de demandes. Si vous voulez tenter votre chance, le Québec Drama Federation tient une liste de fondations privées.

    Conseils

    • Pour des conseils financiers et de l’orientation, renseignez-vous auprès des centres d’emploi comme YES qui offre une série d’ateliers adaptés aux artistes.
    • Participez à un atelier sur la rédaction de demande de bourse offert par Diagramme ou par le RQD.
    • Ayez toujours une version à jour de votre C.V. d’artiste pour les demandes imprévues.

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