1. Le milieu montréalais

En danse, Montréal est un centre d’innovation, de création et de diffusion mondialement reconnu. Autant les artistes en début de carrière que ceux plus établis sont attirés par cette ville et les occasions qu’elle recèle. L’attrait de la ville découle, en partie, du coût de la vie relativement peu élevé et du financement provincial des arts qui est plus élevé au Québec que dans toute autre province canadienne. Cependant, la plupart des artistes vivent sous le seuil de la pauvreté et dépendent d’autres activités économiques, liées ou non à la danse, pour subvenir à leurs besoins. Les chorégraphes doivent faire preuve d’initiative et de persévérance pour survivre.

En dépit des contraintes économiques, le milieu de la danse à Montréal est prolifique et passionné. La ville abrite plus de 400 interprètes, des dizaines de compagnies et un grand nombre de chorégraphes indépendants. Il existe plusieurs programmes de formation professionnelle, un réseau important de classes professionnelles et de nombreux lieux de diffusion pour la danse.

La communauté montréalaise de la danse est grande, mais elle n’est pas inaccessible. Cela peut prendre un certain temps avant d’y trouver ses repères et d’établir des contacts, mais généralement, les gens du milieu veulent bien offrir conseils et soutien aux nouveaux venus.

1.1 Créateurs
La réputation dont jouit actuellement Montréal est due en grande partie aux pionniers des années 80, qui jouent aujourd’hui un rôle important sur la scène locale et nationale. Certains de ces pionniers dirigent maintenant leur propre compagnie : Ginette Laurin avec O Vertigo, Marie Chouinard avec la Compagnie Marie Chouinard et Édouard Lock avec La La La Human Steps. Ces trois compagnies ainsi que bjm_danse (anciennement Les Ballets jazz de Montréal) et Les Grands Ballets Canadiens de Montréal font partie de ce qui est généralement considéré comme le « top 5 » de la province de Québec pour ce qui est de la taille, le budget et le volume d’activités.

Initialement, elles ont chacune lutté pour la reconnaissance et la stabilité financière. Aujourd’hui, elles présentent des créations à l’étranger et engagent des interprètes à temps plein ; elles sont appuyées par des équipes administratives et gèrent des budgets annuels qui atteignent les millions.

Montréal accueille également un nombre grandissant de compagnies dites intermédiaires qui comptent entre cinq et vingt ans d’existence. Celles-ci comprennent, entre autres, Daniel Léveillé Danse, Par B.L.eux de Benoit Lachambre, la compagnie Flak de José Navas, Compagnie De Brune fondée par Lynda Gaudreau, Nyata Nyata de Zab Maboungou, Sinha Danse de Roger Sinha et le Carré des Lombes de Danièle Desnoyers. D’autres compagnies de moyenne envergure se sont ajoutées à ces dernières récemment, notamment Dave St-Pierre et Rubberbandance Group qui ont reçu du financement de fonctionnement au cours des deux dernières années. La plupart de ces artistes ont débuté en tant que chorégraphes indépendants et se sont graduellement incorporés afin d’être admissibles, entre autres raisons, à des subventions de fonctionnement leur permettant d’engager du personnel administratif à temps plein. Les danseurs qui travaillent pour ces compagnies sont des travailleurs autonomes engagés sur contrat.

Plusieurs chorégraphes sont qualifiés d’« indépendants », un terme définit par l’absence de subventions de fonctionnement et de structure administrative permanente. Ces artistes peuvent avoir beaucoup comme peu d’années d’expérience, être établis (Deborah Dunn, Lucie Grégoire), à la mi-carrière (George Stamos, Chanti Wadge) ou émergents. Chaque année, plusieurs chorégraphes émergents commencent à exercer leur métier à Montréal en tant qu’artistes indépendants. Certains entreprennent un parcours traditionnel et travaillent en tant qu’interprète pendant quelques années avant de plonger dans la chorégraphie. D’autres sont diplômés d’un des divers programmes professionnels et universitaires en danse.

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1.2 Diffuseurs
Il y a deux grandes catégories de diffuseurs : ceux qui offrent une saison régulière (habituellement de septembre à avril/mai) et ont souvent leur propre salle de spectacle ; et les festivals annuels ou bisannuels. À Montréal, il existe une demi-douzaine de diffuseurs qui présentent uniquement la danse et autant de diffuseurs multidisciplinaires qui incluent la danse dans leur programmation.

Parmi les diffuseurs qui présentent la danse en saison régulière, Danse Danse/Productions Loma propose des productions de calibre national et international dans des salles prestigieuses telles que le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts et la salle Pierre Mercure au Centre Pierre-Péladeau. L’Agora de la danse a son propre théâtre (situé dans l’édifice qui abrite le département de danse de l’UQÀM) et présente principalement des chorégraphes et des compagnies intermédiaires d’ici. Danse-Cité offre une variété de formules de productions de danse réalisées par des chorégraphes, des interprètes ou des musiciens. La Cinquième Salle de la Place des Arts offre une saison complète de danse avec des productions locales, nationales et internationales. Reconnue dans le milieu de la danse émergente, Tangente programme une saison bien remplie avec des spectacles d’artistes émergents (souvent des programmes partagés), en mi-carrière et établis (soirées solo) s’échelonnant sur quatre soirs et ce, à presque chaque semaine. Le Studio 303 est un espace de création et de diffusion multidisciplinaire qui présente de courtes pièces et des productions intégrales d’artistes expérimentaux et de chorégraphes indépendants dans son studio et, à l’occasion, dans d’autres lieux.

Il existe quelques diffuseurs émergents dont la programmation n’est pas annuelle, mais qui organisent des événements ponctuels. Quelques-uns d’entre eux, tels que Pixel Projects, Wants and Needs danse (producteurs de Piss in the Pool et de Short and Sweet) et La 2e Porte à Gauche présentent surtout des artistes locaux, émergents et en mi-carrière.

D’autres lieux de diffusion multidisciplinaire ont coutume d’inclure régulièrement des spectacles de danse dans leur programmation. C’est le cas de l’Usine C, du Théâtre La Chapelle, de Montréal, arts interculturels (MAI), du Gesù et des Maisons de la culture d’arrondissement (MDC). De temps à autre, il est possible de voir une compagnie de danse plus établie dans un lieu de diffusion principalement consacré au théâtre (par exemple le Quat’Sous ou le Théâtre du Rideau Vert.

Si Montréal est une ville de festivals, la danse a sa juste part du marché. Tenu annuellement sur une période de deux semaines vers la fin mai / début juin, le Festival TransAmériques (FTA) a une portée internationale et présente à la fois des chorégraphes et des metteurs en scène. La direction artistique favorise les créations contemporaines hybrides au carrefour de la danse et du théâtre. Le OFF.T.A. a lieu exactement au même moment que le FTA et présente des créations hybrides d’artistes émergents en danse et en théâtre ; l’événement leur offre une bonne visibilité et l’occasion d’être vu par des diffuseurs internationaux. En début d’automne chaque année, le Festival Transatlantique (à ne pas confondre avec le FTA) offre plusieurs occasions en danse et en film dans diverses salles de spectacle.

Certains festivals multidisciplinaires sont aussi fidèles à la danse. Le festival Vue sur la Relève offre une plate-forme aux artistes émergents en arts de la scène de toutes les disciplines chaque printemps. En février, le festival Montréal en lumière présente un petit nombre de compagnies de danse réputées. Les Escales Improbables, un festival des arts de la marge se tient en septembre au Vieux-Port et présente occasionnellement des pièces de danse.

Trouvez plus d’information sur les occasions de diffusion pour les artistes émergents (festivals, co-présentations, commandes d’œuvre, locations de salles) dans notre répertoire des organismes locaux.

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1.3 Réseautage
Il existe diverses foires commerciales en arts de la scène où convergent les diffuseurs pour magasiner des spectacles. Les compagnies de danse peuvent payer pour un kiosque ou pour le privilège de présenter des extraits de leurs spectacles («showcases») lors de ces événements. Au deux ans, Commerce international des arts de la scène (CINARS) attire un large éventail de diffuseurs internationaux. Deux organismes semblables agissent au nom des lieux de diffusion régionaux, dans la province de Québec. Il s’agit du Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU) et du Réseau des organisateurs de spectacles de l’est du Québec (ROSEQ).

Il est relativement coûteux de participer à ces événements, qui s’adressent avant tout aux compagnies établies prêtes à partir en tournée avec un programme intégral. Les chorégraphes émergents ont néanmoins intérêt à se tenir au courant de la tenue de ces événements, puisqu’ils représentent des occasions d’apprentissage et de diffusion lors d’événements « off » qui ont souvent lieu en même temps. La plupart des festivals peuvent aussi être considérés comme étant des événements de repérage, puisque les diffuseurs qui y assistent vont fréquemment magasiner des spectacles lors des showcases ou événements « off ». Parcours Danse, organisé par La Danse sur les Routes du Québec, propose des showcases et des répétitions publiques, où les diffuseurs peuvent voir des extraits du travail de chorégraphes locaux et de chorégraphes qui sont de passage au Québec.

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1.4 Lobby des arts
Bien que les artistes québécois aient toujours défini et défendu leurs besoins de financement, peu d’organismes portent activement le flambeau du lobby artistique. Le Regroupement québécois de la danse (RQD) se consacre au développement de la danse professionnelle au Québec et défend les intérêts de la discipline auprès des divers paliers gouvernementaux. Le RQD est membre du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) qui regroupe huit associations représentant 14 000 artistes et travailleurs culturels. Le MAL et le RQD mènent un lobby acharné pour augmenter le financement public accordé aux arts afin de permettre aux artistes de jouir de meilleures conditions de vie et de travail. L’Assemblée canadienne de la danse (ACD) mène un lobby au niveau fédéral pour les artistes de danse au Canada. Au niveau local, Culture Montréal est un mouvement démocratique lancé par les citoyens de Montréal et ouvert à toutes les personnes ayant des préoccupations culturelles. Les membres sont des professionnels du milieu artistique et aussi des non professionnels qui tiennent à cœur la promotion et la protection du droit à la culture.

Ces organismes qui luttent pour un meilleur soutien financier pour les arts ont toujours besoin d’appui et les contributions bénévoles en temps ou en argent sont toujours appréciées. Il peut être très enrichissant de vous investir dans la communauté autrement qu’en création artistique ; cela influencera votre approche à l’art.

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1.5 Organismes de services
Il existe plusieurs organismes à Montréal dont le but premier ou secondaire est d’offrir des services aux artistes de danse. Ces organismes se révéleront des ressources indispensables dans votre cheminement dans le milieu de la danse professionnelle à Montréal.

Trouvez plus d’information sur les organismes de services locaux, les diffuseurs et les festivals qui programment des chorégraphes émergents et des organismes similaires à travers le Canada dans notre section « Ressourcez-vous! ».

Le RQD est une association pour les professionnels de la danse du Québec offrant une multitude de services. Les artistes émergents ne sont pas toujours admissibles comme membres professionnels, mais peuvent s’y joindre comme membre associé. L’adhésion vous donne accès, entre autres, à un remboursement partiel des classes d’entraînement, à un programme de mentorat et à une large gamme de stages, de classes techniques à la rédaction de demandes de subventions. Le RQD sollicite régulièrement de l’aide bénévole de la part de ses membres pour siéger sur des comités ou participer à des consultations. Encore une fois, cela est une occasion de rencontrer des collègues et de contribuer à l’amélioration des services offerts. Pour ceux et celles dont la pratique artistique touche à d’autres disciplines, le Regroupement des arts interdisciplinaires du Québec (RAIQ) représente les artistes et les organismes interdisciplinaires. Le RAIQ vise à encourager le développement de diverses pratiques interdisciplinaires via des activités qui font la promotion de la recherche et de l’expérimentation telles que des conférences, des études et des événements de réseautage et de formation. Le English Language Arts Network (ELAN) aide les artistes anglophones du Québec à créer des liens entre eux et à découvrir les services disponibles (ateliers, subventions, etc.) par l’entremise de leur bulletin électronique mensuel, Elanews.

Diagramme Gestion culturelle est un organisme offrant des services de gestion administrative et de communications pour un nombre annuel limité de petites compagnies de danse. Ils offrent également une aide ponctuelle pour un taux horaire aux chorégraphes indépendants. Leurs services incluent la préparation de demandes de subventions, la tenue des comptes et tout autre travail de bureau. Outiller la relève artistique montréalaise (ORAM) est un projet initié par le Forum jeunesse de l’Île de Montréal et le Conseil des arts de Montréal (CAM), héberge les bureaux du CAM. Au service des artistes et des travailleurs culturels émergents, ORAM œuvre pour faciliter l’accès au soutien financier, à l’information, à l’intégration au marché professionnel, au partage d’expertises entre les générations et au réseautage. ORAM publie également le site Web et le bulletin électronique mensuel d’Artère – Pour la relève artistique montréalaise. Youth Employment Services (YES) est un organisme communautaire à but non lucratif qui offre des services d’aide à l’emploi aux anglophones du Québec. Reconnaissant le grand nombre de jeunes artistes à Montréal, ils ont développé une série de services pour les artistes comme l’orientation professionnelle, le coaching et un programme d’aide au démarrage d’entreprise. Le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ) offre des services similaires en français, en particulier dans les centres Plateau Mont-Royal, Centre-Sud et Mile-End qui desservent les jeunes artistes. Le Centre de ressources et de transition pour danseurs (CRTD) existe pour aider les danseurs à vivre les diverses transitions dans leur cheminement. L’adhésion vous donne accès à des services d’orientation, à des subventions ainsi qu’à des prix et des bourses de rééducation professionnelle. Le CRTD organise également danse TRANSIT, un colloque annuel pour les finissants des programmes de danse qui propose outils, ressources et occasions de réseautage pour les aider à faire une transition professionnelle inspirée et informée.

La Bibliothèque de la danse est LA référence de choix à Montréal pour toute littérature touchant à la danse. Elle est située en plein cœur de la Maison de la danse Ludmilla Chiriaeff qui héberge également Les Grands Ballets Canadiens de Montréal et l’École supérieure de ballet contemporain de Montréal. D’autres organismes possèdent également des ressources très utiles telles que Tangente, la Fédération d’art dramatique du Québec et le Studio 303. La plupart d’entre eux sont à votre disposition pour des consultations sur place sans frais d’adhésion.

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1.6 Entraînement / Répétition
On retrouve deux programmes de danse de niveau universitaire à Montréal, ainsi que plusieurs autres programmes de formation professionnelle. L’Université du Québec à Montréal (UQÀM) offre une maîtrise, un doctorat, un diplôme en études somatiques, ainsi que deux concentrations au baccalauréat, l’une en enseignement et l’autre en pratiques artistiques. L’Université Concordia offre un baccalauréat en danse axé sur le processus créatif et la chorégraphie.

Pour la danse contemporaine en dehors du contexte universitaire, les institutions suivantes offrent des programmes de formation réputés : pour la danse contemporaine il y a LADMMI, l’école de danse contemporaine et pour le ballet classique, il y a Ballet Divertimento et l’École supérieure de ballet contemporain de Montréal. Chacun offre l’équivalent d’un diplôme d’études collégiales et des programmes de danse au niveau des études secondaires. Trois cégeps, le Collège Montmorency, le Cégep St-Laurent et le Collège de Maisonneuve, offrent un DEC spécialisé en danse d’une durée de deux ans et la compagnie Nyata Nyata offre maintenant un programme d’entraînement professionnel de deux ans en danse africaine.

Une fois que vous quittez le milieu académique pour intégrer le marché professionnel, vous pouvez choisir parmi divers lieux de danse dans la ville qui offrent régulièrement des classes techniques et des ateliers. Des classes techniques quotidiennes sont offertes dans des endroits comme le Studio Bizz et autres studios privés. De plus, le RQD organise une session de trente semaines de classes contemporaines du matin données par une variété de professionnels de la danse d’ici et d’ailleurs. Circuit-Est, le Studio 303 et le studio Fleur d’Asphalte, entre autres, offrent également des ateliers et des classes (inscription requise) allant du hula hoop au processus créatif en passant par le contact improvisation. Le Perfmax, un programme d’entraînement conçu spécialement pour les athlètes, est offert à longueur d’année à Montréal et à Laval. En plus de représenter un défi technique, les classes et les ateliers professionnels permettent aux danseurs de tisser des liens, de partager l’information et d’être vus par des chorégraphes.

Il existe également des occasions de peaufiner votre talent chorégraphique avec un mentor en participant au stage chorégraphique annuel de Montréal Danse, au mentorat chorégraphique de Circuit-Est et aux ateliers de création périodiques pour les chorégraphes émergents du RQD et du Studio 303.

L’entraînement en danse au cours de l’été est moins constant, mais il y a tout de même quelques options : les stages d’été intensifs de TransFormation Danse et d’O Vertigo ont lieu sur une base annuelle tandis que d’autres compagnies et chorégraphes offrent des stages d’été occasionnels, comme Pigeons International l’a fait en 2009. Il y a toujours des cours de ballet au Studio Bizz et, bien sûr, il y a des centres de yoga, de Pilates et des centres sportifs à travers la ville !

En location, les studios les moins chers sont gérés par le Conseil des arts de Montréal (CAM), soit le principal subventionneur municipal. La plupart des studios privés et des lieux où sont offertes des classes d’entraînement louent aussi leurs espaces à un tarif horaire. Divers babillards et le site Web du RQD affichent des listes de studios privés disponibles pour la location. Vous pouvez aussi louer un loft sur une base mensuelle, mais c’est dispendieux à moins de le partager avec d’autres artistes et cela représente souvent une charge administrative assez importante.

Conseils

  • Faites-vous des amis et faites-vous connaître. Le bouche-à-oreille compte pour beaucoup.
  • Faites du bénévolat auprès d’organismes de danse en échange de temps de studio ou de spectacles gratuits.
  • Consultez les babillards régulièrement pour trouver de l’information sur les spectacles, les ateliers, les auditions et les appels de dossiers.
  • Devenez membre du RQD, du CDA, d’ELAN et inscrivez-vous aux listes d’envois électroniques d’ELAN et d’Artère (ORAM).

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